AFAS

Association française des détenteurs de documents audiovisuels et sonores

Josiane Bru

Le repérage et la typologie des contes populaires : Pourquoi ? Comment ?




Résumé

Cet article a été publié dans le Bulletin des adhérents de l’AFAS n°14, automne 1999.

Il est maintenant d’usage courant, dans l’édition scientifique comme dans la conservation des collectes de textes oraux, de faire figurer la ty­pologie des récits populaires parmi les commentaires indispensables à leur analyse, leur classement ou leur utilisation ultérieure. 

En ce qui concerne les contes, c’est la classification de Aarne et Thompson (Aarne et Thompson 1964) qui sert de référence internationale1. Elle est reprise et adaptée au domaine français par Paul Delarue et Marie-Louise Tenèze dans Le conte populaire français (Delarue et Tenèze 1998) : le « catalogue français »2, qui propose pour chaque conte une version type et donne le schéma détaillé des éléments présents pour ce conte et dans cette aire culturelle, recense et analyse un grand nombre de versions recueillies dans l’hexagone et les pays francophones tout en donnant de très précieuses indications sur les attestations littéraires anciennes des thèmes ainsi que d’autres éléments d'étude et de com­préhension, contrairement aux autres catalogues nationaux ou régionaux qui sont des listes plus ou moins succinctes. Malgré les quatre ou­vrages parus et un cinquième sur le point de paraître, il est inachevé. En accord avec Marie-Louise Tenèze, le Centre d’Ethnologie Française du CNRS dont elle était membre et le Musée National des Arts et Traditions Populaires en acceptèrent il y a quelques années la décentra­lisation au Centre d’Anthropologie (EHESS-CNRS) à Toulouse. L'initiative venait de Daniel Fabre, fondateur du Centre avec l'archéologue Jean Guilaine. Ingénieur d’études à l’EHESS, j’y avais la charge de la bibliothèque d’ethnologie avant de me « spécialiser » dans le catalogage des contes populaires3.

Un des débats qui anima les premières réunions d’équipe fut l’intégration des collectes enregis­trées depuis les années soixante dix par les ethnologues, les linguistes, les associations de défense des diverses langues et cultures de l’hexagone etc. archivées dans des fonds per­sonnels ou associatifs actuellement en cours de recensement, d’inventaire et de numérisa­tion. Au-delà des immenses difficultés intellectuelles et pratiques qu’il y aurait à inté­grer les collectes enregistrées, c’est la disparité entre la typologie des analystes et la typologie autochtone qui m’a conduite à limiter mes inves­tigations en vue de la poursuite du catalogue français à la littérature orale transcrite en re­cueils. Je continuerai donc à ne répertorier qua­siment que des contes transcrits et publiés. Ce choix préserve la cohérence du catalogue tel qu’il a été conçu dans les années cinquante, comme recensement de contes séparés du reste de la parole conteuse, tels qu’ils nous ont été transmis par l’écrit. Ces textes sont  des moments de parole cohérents mais isolés de leur contexte d’énonciation. Sou­vent même les formules de début et de fin man­quent. Nous n’avons généralement aucune in­formation sur l’intention du conteur qui, d’un conte merveilleux fait un récit de peur par exemple, uniquement par la mise en scène ou des inflexions de la voix que l’enregistrement audio ou vidéo, qui restitue l’enchaînement des récits, impose à l’évidence. Il faut donc envisa­ger à terme un inventaire sé­paré des deux ty­pes de document et garder au Catalogue Dela­rue-Tenèze son unité afin qu’il reste une réfé­rence cohérente pour servir éga­lement au ca­talogage des collectes orales pour lesquelles d’autres critères de classement doi­vent entrer en jeu, tout comme une grammaire est la réfé­rence de la langue écrite aussi bien que de la langue parlée, l’une et l’autre fonctionnant en partie de façon semblable, en partie différemment.

Je me propose toutefois ici, tout en espérant convaincre de l’utilité de faire entrer la typologie parmi les normes d’édition (imprimé, audio ou vidéo) des contes populaires ou du repérage de ceux qui sont conservés dans les fonds d’archives sonores, d’évoquer les problèmes concrets qui se posent lorsqu’un récit n’entre pas dans le cadre de la typologie internationale - soit qu’il s’en écarte, soit que le cadre soit défaillant - ainsi que les questions que pose, de l’intérieur, la classification de Aarne et Thomp­son.

Il faut tout d’abord s’entendre sur ce que l’on classe et sur les catégories communément admises. Nous nous en tiendrons ici aux récits de tradition orale en prose, en essayant d’y voir clair dans ce très grand ensemble que l’on nomme globalement « contes et légendes ». Ici apparaît la première difficulté car les titres que les conteurs, collecteurs ou éditeurs ont donnés à ces récits, ne recoupent pas nécessairement ce que les analystes de la littérature orale mettent sous ces termes.

Le conte est par définition un récit situé dans un temps et un lieu indéterminés (Il était une fois...), alors que la légende - prise en compte et trans­crite depuis plusieurs siècles comme récit histo­rique - met en scène des personnages censés avoir existé, en des lieux dont le nom attesterait de l’ancienneté et de la vérité des faits racontés. Le conte est donc fiction assumée, la légende support de croyance et de réalité pseudo-historique. Mais les contes facétieux, par exem­ple, sont souvent localisés par le conteur et personnalisés pour accroître l’effet sur l’auditeur. Par ailleurs, tel récit légendaire alsacien dont l’héroïne, fuyant comme Peau d’âne le désir incestueux de son père, est nommément citée comme la fondatrice du couvent dont les ruines surplombent la vallée, reprend fidèlement un conte connu depuis le Moyen-âge et attesté bien au delà de la région et des personnages ici mis en scène. Respectant la classification autochtone et la forme de ce récit il convient donc de le classer à la fois comme légende et comme conte, c’est-à-dire ici comme une ver­sion du conte-type T.706 : « La fille aux mains coupées ».

Nous voilà contraints d'assumer la pétition de principe et de classer comme conte en priorité ce qui est répertorié comme tel dans la classifi­cation internationale de Aarne et Thompson ainsi que dans les très nombreux catalogues nationaux ou régionaux qui s’y réfèrent, en indi­quant si possible de quel type relève chaque texte ou de quel type il se rapproche. On indi­quera qu’un récit est un conte non classé cha­que fois qu’il s’agira d’un texte en prose pré­sentant des caractères communs avec les con­tes classés, non assimilable à une légende, pour s’en tenir à ces deux grands genres de la litté­rature orale et parce que le mythe, dans les ai­res culturelles qui nous occupent, n’est présent que sous la forme de petits récits explicatifs ré­pondant à la question « Pourquoi....? ».  Ces légendes étiologiques dont certaines figurent dans la classification de Aarne et Thompson ne sont reprises dans le catalogue français que lorsqu’elles sont intégrées à des contes propre­ment dits. Nombre d’entre elles parlent des ani­maux et Marie-Louise Tenèze s’en explique dans son introduction au tome troisième du Conte populaire français consacré à cette section du catalogue (pp. 7-16)4.

Le premier état de la classification internatio­nale, publié en 1910 par le finnois Antti Aarne, se définit comme un répertoire, une liste (Verzeichnis) établie à partir des premières collectes effectuées dans le sillage des frères Grimm. Dès les années vingt, l’américain Stith Thompson révise et augmente très considéra­blement ce travail dont la seconde révision, en 1964, fait actuellement référence.

L’ouvrage de Aarne et Thompson est, de l’avis commun, un outil incomplet et inadéquat, basé sur des principes empiriques, parfois contradic­toires dans le détail. Certes. Mais il est rédigé par des chercheurs qui connaissaient bien les contes et comme aucune tentative de classifica­tion sur des bases dites rationnelles n'a encore porté sur un aussi vaste ensemble - thématique ou géographique - et que mieux vaut un ordre et des repères imparfaits que le chaos, leur "liste" s’est progressivement imposée, servant de base à la plupart des catalogues élaborés ensuite.

Le manque de rationalité qui lui est reproché, tant dans l’organisation globale que dans le dé­tail du découpage des contes-types en épisodes et éléments qui se succèdent ou s’excluent, ne doit pas en masquer la cohérence qu'elle dé­gage au niveau du sens des grands sous-en­sembles et qui lui gardent son utilité alors même que les raisons qui nous font classer les contes ont changé. Il s’agissait en effet au début du siècle et dans la mouvance du XIXe, de rassembler les récits dont le contenu était sem­blable d’une région et d’un pays à un autre pour, de proche en proche, dessiner un présumé cou­rant migratoire jusqu’à leur lieu de naissance. Partant de l’hypothèse d’une origine unique et d’une diversification progressive des contes au fur et à mesure de leur diffusion, on projetait d'en remonter les chemins, dans le temps et dans l’espace, jusqu’à leur foyer de création.

L’impossibilité d’avoir des données précises dans la longue durée fit échouer cette entreprise et s’estomper l’obsession de l’origine au profit d’une quête du sens qui sortait enfin la littérature orale de son isolement pour la considérer comme une des formes de la culture5 Vladimir Propp avait mis en relation dès 1936 dans les Racines historiques du conte merveilleux (Propp 1976) les épisodes ou motifs de contes populai­res avec les rituels des sociétés archaïques dont les contes seraient issus. Avant d’avoir connaissance de ce travail d’analyse du con­tenu, Claude Lévi-Strauss répondait à l’entreprise de définition du conte merveilleux du point de vue formel par l’affirmation et la dé­monstration qu’on ne pouvait chercher ce sens que dans le présent des sociétés auxquelles appartiennent ces contes, en les mettant en cor­respondance avec d’autres données ethno­gra­phiques contemporaines (Lévi-Strauss 1973)6.

La typologie de Aarne et Thompson est donc un des modes possibles de classement : on re­groupe sous un même repère - un numéro de conte-type concrétisé par un titre générique et défini par la liste des principaux épisodes du récit correspondant - les récits semblables ou proches recueillis et transcrits par les ethnogra­phes et dont il convient de considérer le plus grand nombre possible de versions pour appré­hender d’une part le sens des contes populaires mais aussi la spécificité de la littérature orale, qui est à la fois création continue et transmission du même (Belmont 1999). Les variantes, lon­gues ou courtes, sont alors considérées comme également signifiantes, c’est à dire aussi que le « fragment » recueilli est digne d’intérêt au même titre que la version qui apparaît comme « complète », contrairement à l’opinion des an­ciens ethnographes qui recomposaient les récits à partir du témoignage de plusieurs conteurs et des théoriciens pour qui les formes courtes étaient des altérations, des formes dégradées de récits d’autant plus complets et « beaux » qu'ils seraient proches de l’origine.

La question du traitement et du repérage des « fragments » est d’autant plus cruciale en ce qui concerne les documents sonores que l’on y trouve des évocations de contes ou des tentati­ves de les dire qui ne faisaient pas l’objet d’une transcription dans les recueils avant l’époque des collectes enregistrées. Charles Joisten, le premier sans doute, a noté dans ses recueils de contes populaires d’Ariège et du Dauphiné des résumés et des attestations de contes parfois limités à leur titre. Ces notes, qui peuvent appa­raître comme une défense et illustration d’Aarne et Thompson, visent seulement à aider à s’y repérer, souvent de façon provisoire lorsque les éléments enregistrés d’une part, la classification de l’autre, ne permettent pas une mise en rela­tion simple avec un numéro de type.

Les contes-types tel qu’ils apparaissent dans la classification internationale de Aarne et Thomp­son ne sont pas des modèles ou des archéty­pes. Ils sont simplement la description de contes attestés le plus souvent. La « norme » est sta­tistique et non logique ou formelle. Ainsi deux contes pourront faire l’objet de deux numéros différents même si l’un est inclus dans l’autre. Les deux numéros de type seront justifiés si les deux formes - la courte et la longue - sont suffi­samment attestées pour que chacune appa­raisse comme une unité, narrative à part entière et non considérée comme partie d'une plus vaste ou décomposée en somme de deux con­tes-types enchaînés (ex. ci-après du thème de la Bête à sept têtes).

Les contes sont regroupés en grands ensem­bles significatifs dont je tenterai d'expliciter les grands traits.

Les Contes d’animaux forment la première sec­tion de l’Aarne-Thompson dont ils occupent les numéros 1 à [299]7. Il s’agit le plus souvent d’épisodes courts, dont chacun fait l’objet d’un numéro de type (T.1 : Le vol de nourriture par feinte de mort, T. 5 : « La « racine » mordue... ») mais on y trouve des contes plus complexes comme le T.15 « Le renard parrain » ou le T.130 « Les animaux en voyage ». Ils constituent, du fait des protagonistes même, un ensemble rela­tivement clos. De ces animaux, domestiques et/ou sauvages, l’un est généralement plus fort, l’autre plus rusé. De là les interférences avec la section T.1000 à T.1199 intitulée Contes de l’Ogre (ou du Diable) dupé. Le plus puissant est toujours, floué ou ridiculisé par son adversaire rusé, humain ou animal (renard, oiseau...). Cer­taines de ces aventures, identiques, sont classées dans les deux sections suivant que le protagoniste rusé est un animal ou un homme, comme pour le T.9 et le T.1030, qui exposent le partage de la récolte d’un champ cultivé en commun : le plus futé propose de le faire selon un plan vertical, l’un ayant « ce qui pousse au dessus de la terre », l’autre « ce qui pousse dans la terre ». Ainsi la dupe - loup, ogre ou diable - récolte successivement des fanes de pommes de terre et des racines de blé cepen­dant que son associé plus malin obtient pommes de terre et épis.

Les Contes du Diable dupé, ou de l’Ogre stu­pide, disent les aventures d’un garçon ou d’un homme futé qui, par son astuce et sa persévé­rance, se joue de la méchanceté et de la bêtise de l'autre : un diable sans aucune connotation religieuse, un ogre stupide ou bien un fermier despotique qui l’emploie ou tente de lui nuire.

Ces deux ensembles de contes-types sont constitués de récits-épisodes pouvant s’enchaîner à loisir dans un ordre variable, puis­que le naïf ou le malveillant ne tire aucune leçon de ses mésaventures. Ils s’organisent en cycles, tel celui du renard et du loup, ou prennent place dans un récit cadre comme le T.1000, « Le pre­mier fâché », où à la suite d’un contrat de travail entre un fermier diabolique et un jeune domesti­que inventif, le premier qui se met en colère se voit enlever par l’autre une lanière de peau. Ils ont par leur forme, leur contenu souvent et leur fonction, des affinités avec le grand ensemble des contes facétieux dont le héros le plus ca­ractéristique est un garçon idiot accumulant les bêtises, mais cette fois sans volonté de duperie et sans méchanceté aucune. On pense aussi à certains Contes-Nouvelles où il n’est question que de mots et de jeux sur les mots et le sens, où la victoire est du coté de l’esprit contre la morgue des dominants.

Alors que les Contes d’animaux et les Contes facétieux font l’objet de grandes sections nette­ment séparées de l’Aarne-Thompson, les Con­tes de l’Ogre dupé constituent la dernière sous-section des « Ordinary Folk-Tales ». Ils ferment ainsi le grand ensemble des contes « au sens propre du mot », contes d’initiation dont les contes merveilleux sont la part la plus attractive.

Nommés Tales of Magic par Aarne et Thomp­son, ils constituent la première et la plus impor­tante sous-section de ces « contes ordinaires ». Le merveilleux y est laïque : même dans les versions où la Sainte Vierge se superpose à l'aide magique, la christianisation reste superfi­cielle. La mère de Dieu agit comme une fée et son nom ne change rien à l’histoire.

Les contes merveilleux sont classés de T.300 à [749] Des sous-sections en facilitent le repérage suivant qu’il s’agit en priorité d’adversaires surnaturels, d’époux ou épouses enchantés, d’objets magiques etc. Le premier tome, en deux volumes, du Catalogue Delarue-Tenèze reprend les numéros des contes-types de Aarne et Thompson présents dans le domaine français et donne, pour chacun le texte d’une version jugée spécifique. Figure ensuite le schéma dé­taillé d’analyse auquel il importe de se référer afin de ne pas se laisser abuser, dans le clas­sement des versions rencontrées, par les ambi­guïtés des titres attribués par les conteurs ou les collecteurs parfois sur la base d’un motif aléa­toire. Ainsi le combat du héros contre une bête à sept têtes à laquelle la fille du roi doit être livrée en pâture relève soit du T.300 intitulé « La bête à sept têtes », soit du T.303, « Le roi des poissons » dont il constitue les quatrième et cinquième épisodes mais dont il se distingue par les épisodes de la naissance miraculeuse du héros, né du partage d’un poisson entre l’épouse, la jument et la chienne du pécheur et le motif du signe de vie. Or on trouve souvent le récit complet correspondant au T.303 sous le titre générique du T.300. Par ailleurs certains motifs ou épisodes donnant leur titre à un conte-type, comme « La fiancée substituée » pour le T.404 par exemple, sont présents et développés dans d’autres contes où l’accent est différem­ment porté (ex. le T.408, « Les trois oranges »)8.

De façon générale, les contes merveilleux retra­cent des itinéraires. Leurs héros, jeunes et dé­munis au départ de la maison familiale, fran­chissent avec l’aide de personnages surnaturels envers lesquels ils se sont montrés compatis­sants, des épreuves qualifiées à juste titre d’initiatoires marquant les divers moments de passage de l’enfance et de la jeunesse jusqu’à l’adulte accompli. L’accession à la matu­rité est représentée par le mariage heureux et la pater­nité et se double souvent de la cession du pou­voir royal par le père de la princesse con­quise. Quelques contes comme « Le petit Pou­cet » (T.327B) ou « Chaperon rouge » (T.333) par exemple ne retracent que le début du par­cours puisque les héros, après un premier péri­ple aventureux, retournent vivre auprès de leurs parents. Nicole Belmont, dans son récent ou­vrage sur la Poétique du conte, précise qu’il s’agit là de contes à destination des enfants, contrairement à l’ensemble des contes qui s’adressaient à un public adulte (Belmont 1999)9. Initiatiques, ils montrent la voie, ils di­sent ce qui doit être, sous forme d’image, sans être didactiques ou moraux : il importe d’abord de faire sa vie hors du foyer parental, peu im­porte que l’on devienne honnête soldat, habile médecin ou rusé voleur (Cf. T.653).

La ressemblance  profonde  immédiatement perceptible entre les contes merveilleux, leur unité de sens et de style, induit et autorise chez les conteurs des permutations, des libertés en tout point conformes à l’esprit de la tradition orale. Ces variations réglées, si elles font la joie des auditeurs, dépitent les conservateurs et éditeurs de contes qui se donnent pour tâche de les accompagner de repères typologiques. Il est donc fréquent et normal de trouver pour une version de conte, mention d’un numéro de type suivie de « avec épisode introductif » d’un autre et « motif » d’un troisième, ou de plus com­plexes encore. L’usure de la mémoire des con­teurs et la volonté des collecteurs de sauver de l’oubli toutes les parcelles de savoir narratif tra­ditionnel ajoute encore à la difficulté en suscitant des récits si fragmentaires que certains sont incompréhensibles. Il m’est arrivé de ne saisir le fil d’un conte enregistré et publié qu’en recons­truisant, à partir d’infimes détails et par analogie, un lien entre les différents éléments remémorés par la conteuse. Il y avait là le souvenir à peine perceptible d’un conte très souvent attesté par ailleurs.

Toujours dans l’univers surnaturel, mais se réfé­rant à l’imaginaire chrétien, les contes religieux (partie des « Ordinary Folk-Tales » groupée sous les numéros 750 à [849]) sont le lieu de la litté­rature orale où s’expriment les représentations populaires de l’au-delà.

Le passage essentiel dont ils traitent est celui de la frontière de l’autre monde. Nombre de contes relatifs à la mort sont pourtant classés parmi les contes merveilleux, tels le T.332 « La mort mar­raine » ou le T.366 « La ballade de Lénore ». On peut expliquer l’apparent arbitraire de certains choix par l’infléchissement donné par les con­teurs aux versions prises en compte par Aarne et Thompson pour le classement dans telle ou telle section du catalogue. Suivant l’optique dans laquelle on se place le T.720 « La marâ­tre », classé parmi les contes merveilleux et le T.780 « L’os qui chante », classé comme conte religieux ne justifient pas une telle distance. Il est question dans l’un comme dans l’autre d’un enfant martyr dont le meurtre est dénoncé par le chant : chant de la flûte façonnée dans un de ses os par un jeune berger, chant de l’oiseau né du rassemblement magique de ses os par une fée.

Edifiants et graves quand il s’agit du devenir de l’âme, les contes religieux sont poétiques ou plaisants lorsque, proches des évangiles apo­cryphes, ils narrent des moments de l’enfance du Christ ou bien ses visites sur terre, accom­pagné de ses apôtres. Contes édifiants, ces derniers s’actualisent fréquemment en légendes, en étiologies du paysage local : Notre Seigneur a puni d'ensevelissement sous les eaux d'un lac le village inhospitalier ou pétrifié des mécréants qui forment depuis tel groupe de rochers mar­quant encore le paysage aujourd’hui. Mais ils peuvent aussi donner lieu à des récits quasi­ment facétieux où Saint Pierre, ayant tendance à se prendre pour son maître, est remis à sa place souvent avec beaucoup d’humour.

De T.850 à [999] sont classés des contes d’un type particulier, étrangeté dont rend compte la difficulté à les définir et à les nommer : Romantic Tales, Romances, Novelle, Novellenmärchen ou Contes réalistes ... Ces dénominations tradui­sent bien leur situation limite entre le conte et la nouvelle, mais ce n’est vrai que pour certains d’entre eux. Si les uns sont des itinéraires ou des tranches de vie - en particulier des « contes à mariage » - d’autres se réduisent au temps d’un échange verbal subtil, d’une joute spirituelle entre deux protagonistes dont l’un représente le pouvoir (l’homme, le seigneur, l’évêque...) alors que l’autre, socialement inférieur, s’impose et se fait reconnaître par ses qualités propres (la femme, le fils du paysan, le meunier...). Nombre d’entre eux ont fait l’objet, dès le XVIe siècle, d’un traitement littéraire. Le conte-type T.890, "Une livre de chair", est passé à la scène et à la postérité sous la forme du Marchand de Venise de Shakespeare10.

Cet ensemble de contes dont l’unité est si pro­blématique de l’avis même de Marie-Louise Tenèze, fait l’objet de la cinquième partie du catalogue français (tome IV vol. deuxième). Sa définition comme Contes-Nouvelles, proche de celle de Aarne qui les avait intitulés Novellenartigemärchen,  « contes en forme de nouvelles », rend compte de la situation de ces récits dans l’ensemble de la littérature entre conte et roman et de la continuité de la parole, populaire ou savante, orale ou écrite. Contes de l’intelligence, du courage et de l’astuce, ils sont le lieu de la littérature orale où des personnages émergent, prenant en main leur destin contrai­rement aux héros stéréotypés des contes mer­veilleux qui sont quasiment mus de l’extérieur. On y trouve en particulier de belles figures de femmes : les unes retrouvent, à la suite d’un long périple héroïque (mais bien peu « réaliste »), leur mari qui n’avait pas disparu par magie mais s’était volontairement éloigné ; les autres, déconsidérées ou répudiées, s’en font reconnaître et accepter. Leur victoire est toujours le fruit de leur volonté propre11.

Une certaine notion de justice et de morale pointe sous la plupart de ces contes, confirmant leur singularité.

Une fois fermé le grand ensemble des contes d’initiation, de l’autre coté du miroir, du T.1200 à T.1999, se placent les contes facétieux. La liste de leurs anti-héros en détermine les sous-sections, commençant par les  histoires d’idiots, histoires sur les époux, histoires à propos d’une femme ou d’une fille.  Suivent les histoires à propos d’un garçon ou d’un homme qui se subdivisent elles-mêmes en plu­sieurs ensembles regroupant les thèmes du garçon habile, des accidents heureux, et de l’homme stupide.

Le niais - Jean le Sot - est la figure emblémati­que des contes facétieux. A l’âge où les jeunes gens courtisent et se marient, il n’éprouve aucun attrait pour les filles, ne comprend rien aux con­signes qui lui sont données pour leur plaire et ne voit pas l’intérêt qu’il aurait à quitter le giron maternel. Sa mère vieillissante le presse de trouver une épouse. Elle tente de lui en donner le goût en mettant en acte les métaphores de la sexualité, allant jusqu’à placer entre ses propres cuisses un perdreau rôti : « tu en trouveras un tous les jours entre celles de ta femme si tu te maries », lui dit-elle. Mais Jean - resté au stade oral de son développement comme le dit la psy­chanalyse - se plaint ensuite que celui de sa femme n’est pas même plumé ! Dans les cas où il prend goût au mariage, éveillé par une femme par trop délurée, c’est de façon excessive : il lui enjoint alors de ne pas quitter le lit conjugal...

Les ethnographes du tournant du siècle quali­fiaient ces contes de licencieux. Cachés der­rière des pseudonymes, ils les publiaient à part des collectes pour tout public, dans des revues et des séries quasiment secrètes, parfois con­sacrées plus largement au folklore érotique au­quel on devient attentif dans le moment même où Freud élabore à Vienne sa théorie de la sexualité. La connotation grivoise de ces contes ne justifie pourtant pas de les classer à part. Certains se voient attribuer un numéro de type parmi les contes facétieux pris en compte dans la classification de Aarne et Thompson, mais nous devons nous contenter de supposer ce qu’il recouvre puisque - esprit du temps oblige - le catalogue ne mentionne ni le titre ni le con­tenu, limitant l’information à la seule mention : [obscene]12.

Faute de trouver une femme plus jeune à qui confier le lourd fardeau qu’est son fils, la mère vieillissante tente de le faire participer aux acti­vités domestiques. Incapable d’assurer à l’extérieur les tâches viriles, il se verra confier dans la maison celles que la coutume réserve aux femmes, provoquant des catastrophes successives détruisant l’un après l’autre les quelques biens - animaux et objets - que sa mère possède. Les voilà réduits à s’en aller mendier au loin. Jean a « pris la porte » comme sa mère le lui a ordonné, mais il l’a prise au sens propre. C’est parce qu’il la laisse tomber malgré lui, du haut de l’arbre dans lequel ils se sont réfugiés tous deux, sur des voleurs qui comptent leur butin au dessous, que mère et fils pourront retourner vivre chez eux, riches de l'or des voleurs. Cet enrichissement est providentiel, contrairement, par exemple, à celui du Petit Poucet qui vole avec préméditation les richesses de l’ogre. Riche, Jean se marie parfois mais reste sot. C’est la différence entre les deux types de contes. Ce qui est un aboutissement d’une action volontaire et une progression du récit dans les contes merveilleux n’est dans les contes facétieux qu’un Lucky Accident  ne changeant rien à la suite du récit auquel le con­teur peut ajouter encore quelques épisodes du même genre, j’allais dire « à l’infini ». Car si le conte merveilleux conduit son héros d’une situa­tion initiale de manque à une situation finale satisfaisante, le conte facétieux, comme son anti-héros, revient sans cesse à la case départ.

Au sein même des contes facétieux les person­nages s’opposent : les niais - garçons ou filles - font rire à leurs dépens alors que les dégourdis - fins voleurs (T.1525) ou interlocuteurs rusés - font rire aux dépens de leurs congénères, plus stupides ou socialement supérieurs. Aussi le sous-groupe de contes sur le Clever boy a-t-il des affinités de contenu avec les Contes de l’Ogre dupé. L’habileté à voler, mentir ou duper est une qualité primordiale, au même titre qu’ailleurs le courage, l’abnégation et le dé­vouement. Mais alors que le héros des contes de l’Ogre dupé détruisait les biens du patron ou ébouillantait sa mère pour la réchauffer (T.1013), le niais des contes facétieux ruine sa propre mère ou la tue en la faisant bouillir (T.1681B). Ils sont comparables également du point de vue de la forme : les numéros de type sont ainsi attribués soit à des récits complexes dans lesquels se succèdent plusieurs séquen­ces relativement fixes (ex. T.1535 « Le riche et le pauvre paysan » ) soit à des épisodes très brefs, des « anecdotes » séparées mais juxta­posables ou intégrables aux récits plus élabo­rés. Les conteurs contemporains mêlent volon­tiers les genres en faisant apparaître des contes facétieux dans de longs contes merveilleux par exemple, qui leur servent alors de récit-cadre, ce que le fractionnement du récit dans les re­cueils ne permet généralement pas d’observer en ce qui concerne les conteurs traditionnels.

Clergé et ordres religieux constituent une im­portante sous section des contes facétieux. Les prêtres y sont mis en scène dans leurs relations avec les femmes - leur bonne, ou leurs bonnes car deux de vingt ans équivalent à une de qua­rante pour avoir l’âge canonique (Cf. T.1326B13) - mais aussi avec leurs paroissiens en général, dont les enfants du catéchisme. Ils y apparais­sent indifféremment cupides et vaniteux ou bien pauvres, incultes et démunis devant la figure imposante de l’Evêque dont la visite réserve toujours quelque surprise.

C’est sans doute en raison de la facilité à repé­rer les contes relevant de cette sous-section du catalogue (un personnage, le prêtre, et les lieux dans lesquels il évolue, église ou presbytère) que la « liste » de Aarne et Thompson s'y révèle particulièrement lacunaire. La société tradition­nelle a produit dans l’Europe chrétienne en par­ticulier, un foisonnement de récits qu’enfants ou adultes se racontaient joyeusement : je fais appel ici à mes souvenirs personnels d’enfance villageoise à l’époque où les curés portaient en­core soutane, mais aussi au contenu des collec­tions de folklore érotique dépouillées il y a quel­ques années, lorsque je travaillais à l’édition des Contes licencieux de l’Aquitaine (Perbosc 1984 et 1987) qu’il s’agissait de confronter à la typo­logie internationale et, pour la religion ortho­doxe, aux centaines d’histoires sur les popes classés dans la remarquable Typologie des fa­céties roumaines (Stroescu 1969).

Il sera nécessaire, à la rédaction du Catalogue français des contes facétieux, d’introduire dans cet ensemble des entrées supplémentaires, d'en subdiviser d'autres (ex. le T.1823 "Plaisanteries sur le baptême" ou le T.1824 "Sermons cocas­ses ou facétieux"). En attendant, mieux vaut, me semble-t-il, indiquer une référence suf­fisam­ment large, du type [T.1800-1809] s’il s’agit d’une plaisanterie sur le catéchisme, et de ren­voyer aux [T.1825-1874] les « autres plaisante­ries sur les prêtres » plutôt que de risquer une attribution hâtive qui ne mettrait pas en évidence la nécessité de revenir sur ce choix lorsque le catalogue des contes facétieux sera suffisam­ment étoffé pour les prendre en consi­dération de façon plus fine14.

Après les Anecdotes sur les autres groupes de personnes, viennent les Contes de men­songe. La fantaisie verbale règne au plus haut point dans ces récits où la vantardise des chasseurs se taille la part belle et qui clôturent le cycle des contes facétieux.

Contes-formules, contes formulaires, ils se dis­tinguent par la fixité totale ou partielle de leur forme de l’ensemble des contes dans lesquels des formules fixes peuvent apparaître (formu­lettes dites ou chantées ou mimologismes par exemple). Ils constituent la dernière section de l’Aarne-Thompson (T.2000 à [2399]).

Les Randonnées ou Contes en chaîne, ou en­core Récits cumulatifs, sont des enchaînements à la fois rigides et poétiques, qui, après un péri­ple, nous ramènent au point de départ afin que tout rentre dans l'ordre. Certains énumèrent un à un les éléments d’une suite de nombres ou d’objets (ex. T.2010 « Les douze paroles de vérité », à connotation religieuse) ou enchaînent à partir d’un minuscule dysfonctionnement - la désobéissance est un point de départ classique - une série d’actions ou de paroles dans les­quels sont impliqués aussi bien des êtres hu­mains que des animaux, des objets ou des élé­ments. Dieu ou la Mort sont convoqués en der­nière instance et leur intervention redresse la situation, obligeant par cascade chacun à faire ce pour quoi il a été créé jusqu’au point de dé­part où tout rentre dans l’ordre. La plus connue des randonnées est vraisemblablement le T.2031 « De plus en plus fort ou La Fourmi­guette » (la fourmi qui se casse la jambe sur une plaque de glace en partant en pèlerinage à Jé­rusalem invoque la gelée qui l’a blessée, la ge­lée invoque le soleil qui la fait fondre, le soleil etc.).

Les Contes attrape et les Contes inachevés sont basés sur des pirouettes verbales par les­quelles le conteur ou la conteuse signifie qu’il ou elle ne veut rien dire, soit qu’il amène l’auditeur à poser une question à laquelle il répond par une moquerie. L’"Histoire qui ne finit pas" et  celle "qui se répète à l’infini" font partie des Au­tres contes formulaires avant que le Cata­lo­gue ne se ferme sur une grande plage indé­ter­minée.

Il y a en effet, à la fin de la classification de Aarne et Thompson, une section prudemment réservée aux Contes non classés. Dans cet indispensable fourre-tout général, Boggs a par exemple placé en T.2415 du catalogue espagnol le récit, que les versions françaises apparentent à une légende explicative des moments recru­descence du froid avant l’arrivée du printemps - des « jours prêtés » ou « jours de la vieille » (Boggs 1930). Mais le dépouillement des collectes amène sans cesse à noter NC, non classé, en ajoutant un qualificatif en attendant de faire mieux : NC merveilleux, NC animaux, aussi et surtout NC facétieux, car les milliers de facéties produites ou adaptées en permanence ne peuvent faire l’objet d’une liste précise. Il faut déterminer un principe de classement qui, inté­grant les récits de la société traditionnelle, prenne en compte les innombrables variations contemporaines dans les différentes cultures. Si les « histoires belges » d’il y a quinze ans sont généralement assimilables aux beotiana (on en trouve les équivalents dans le Catalogue fla­mand (de Meyer 1921 et 1968)  et le Catalogue wallon (Laport 1932) comment classer par exemple l’humour juif ? Un même principe de classement peut-il rendre compte de tout ? Ne faut-il pas élaborer des catalogues sectoriels tenant compte de la finalité du classement et du groupe humain considéré si l'on veut appréhen­der plus subtilement les contes facétieux tradi­tionnels mais aussi créer les cadres de classe­ment de la production des conteurs contempo­rains ?

Peut-on conclure un exposé qui prétendant ai­der à classer, vient brouiller les pistes, mélange le contenu des différentes cases et donne enfin l'impression que « tout est dans tout et récipro­quement » ? Voulant indiquer des repères, j'ai surtout souligné l’unité de sens de ces contes et j'ai peut-être trop mis l'accent sur les éléments transversaux (motifs, thèmes ou formes). Or nous nous sommes donné pour tâche de classer et de fournir aux amateurs de contes, quelle que soit leur optique, les moyens de trouver, dans le foisonnement des collectes, matière à réflexion ou narration nouvelle.

Plus que la méthode des analystes du conte, j'ai peut-être suivi l'exemple des conteurs qui bous­culent l’auditeur ou le lecteur en le faisant passer du merveilleux à la facétie, du conte réa­liste à la légende étiologique par des glisse­ments, des parenthèses, des allusions ou des omissions, en le laissant sur sa faim au bout de quelques minutes ou en l'emportant pour des heures enchaînant les contes sans distinction de genre.

Dans la partie du Catalogue français (Tenèze 1976 et 1985) parue postérieurement à l'enre­gistrement intensif de littérature orale nous trou­vons la solution sage qui, s'en tenant à la norme qu'est la classification de Aarne et Thompson établit un pont avec de nouvelles voies. Posant d'une façon nouvelle - à partir des Contes d'animaux et non plus à partir des Contes mer­veilleux - la double question "qu'est-ce qu'un conte ?" et "qu'est-ce qu'un conte d'animaux ?", Marie-Louise Tenèze introduisait des critères nouveaux de classification (Tenèze 1976). Quelques années plus tard, faisant la synthèse des recherches que la communauté internatio­nale des spécialistes de la littérature orale a produites, tant sur les questions de classifi­cation que sur les thèmes particuliers, elle adoptait dans son introduction au Catalogue des Contes religieux (Tenèze 1985) une position tenant compte à la fois de la réalité du terrain (les con­tes réellement présents sur le domaine français) et de la nécessité de respecter les re­pères communément admis que cette classifica­tion propose et qui avaient été établis à partir de données plus générales. Tout en se conformant au cadre de la classification internationale, elle a repensé les clivages internes de cette section du Catalogue en indiquant pour chacune de ses sous sections le numéro des contes-types de Aarne et Thompson qu'elle regroupait.

Le passage de la "liste" au fichier puis à la base de données favorise ces chemins de traverse. Nous en tenant au plus près à la typologie de Aarne et Thompson nous pouvons, grâce aux les diverses opérations de tri, de regroupement, de renvois que l'on peut effectuer sur une base de données, retrouver les contes et les penser à l'infini suivant d'autres critères que ceux qui ont servi de base à leur classement. A ce niveau aussi la norme est statistique : c'est parce qu'elle est la plus utilisée que la typologie de Aarne et Thompson est recommandable. Elle ne fait en aucun cas obstacle au développement d'analyses, donc de classements dont la ratio­nalité serait plus évidente.

1-99   Animaux sauvages

1-69   Le renard considéré comme animal adroit

70-99   Animaux sauvages autres que le renard

100-149   Animaux sauvages et animaux domestiques

150-175   L'homme et les animaux sauvages

176-199   L'homme et les animaux domestiques

200-219   Animaux domestiques

220-249   Oiseaux

250-274   Poissons

275-299   Autres animaux et objets

300-399   Adversaires surnaturels

400-459   Epoux (épouse) ou autres parents surnaturels ou enchantés)

400-424   Femmes

425-449   Maris

450-459   Frères, soeurs, enfants

460-499   Tâches surnaturelles

500-559   Aides surnaturels

505-508   Mort reconnaissant

530-559   Secours des animaux

560-649   Objets magiques

610-619   Remèdes magiques

650-699   Pouvoirs et savoirs surnaturels

700-749   Autres contes surnaturels

750-779   Dieu récompense et punit

780-789   La vérité vient au jour

800-809   L'homme dans le ciel

810-814   L'homme promis au diable

850-869   Le héros obtient la main de la princesse

870-879   L’héroïne épouse le prince

880-899   Fidélité et innocence

900-904   La mégère est apprivoisée

910-915   Les bons préceptes

920-929   Actions et paroles rusées

930-949   Contes du destin

950-969   Voleurs et assassins

970-999   Autres contes-nouvelles

1000-1029 : Contrat de travail (Ne pas se mettre en colère)

1030-1059   Contrat entre l'homme et le diable

1060-1114   Pari entre l'homme et le diable

1115-1129   Tentatives de tuer le héros

1145-1154   L'ogre est effrayé ou intimidé

1170-1199   Un homme vend son âme au Diable

1200-1349   Histoires d'idiots

1350-1439   Histoires de couples

1405-1429   L'idiot et sa femme

1430   Le couple fou

1440-1524   Histoires d'une femme (fille)

1450-1475   La recherche d'une femme

1475-1499   Railleries sur les vieilles filles

1500-1524   Autre anecdotes sur les femmes

1517-1518   Le mariage comme punition

1525-1874  .Histoires au sujet d'un homme (garçon)

1525-1639   Le garçon habile

1640-1674   Accidents heureux

1675-1724   L'homme stupide

1725-1874   Clergé et ordres religieux

1725-1774   Le prêtre est trompé

1775-1799   Le prêtre et le sacristain

1800-1849   Autres plaisanteries sur le clergé

1800-1809   Confessions

T.1824 - Sermons cocasses ou facétieux

1825-1874   Autres plaisanteries sur les prêtres

1840-1844   Incompréhension de phrases rituelles de l'église

1850-1874   Anecdotes au sujet d'autres groupes

1875-1999     Menteries (vantardises)

1890-1909   Contes de chasse

1925. Concours de souhaits

2000-2013 : Récits cumulatifs : Randonnées

2019-2020 : Chaines incluant un mariage

2021-2024 : Chaines incluant une mort - protagonistes animaux

2025-2028 : Chaines incluant l' absorption d'un objet ; les éléments de la chaîne ne sont pas reliés entre eux

T.2020-Contes-Attrappe

T.2300-Autres contes formulaires

Bibliographie

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+DELARUE P. et TENEZE Marie-Louise.

1964. Le Conte populaire français…. Tome deuxième [Contes merveilleux, deuxième partie]. Paris, Ed. G.-P. Maisonneuve et Larose, 1964. 731p.

TENEZE Marie-Louise.

1976. Le Conte populaire français... Tome troisième [Contes d'animaux]. Paris, Ed. G.-P. Maisonneuve et Larose, 1976. 507p.

1985. Le Conte populaire français... Tome quatrième, premier volume [Contes religieux]. Paris, Ed. G.-P. Maisonneuve et Larose, 1985. 313p.

[A paraître fin 1999] Le Conte populaire français... Tome quatrième, volume second [Contes-Nouvelles]. Avec la collaboration de Josiane BRU. Paris, Editions du C.T.H.S.

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1984. Contes licencieux de l’Aquitaine. Contribution au folklore érotique 1/.Réimpression de l’édition de 1907, Préface de Josiane BRU. Carcassonne, GARAE. XXIX- 325p.

1987. L’anneau magique : Nouveaux contes licencieux de l’Aquitaine /2. Textes édités et présentés par Josiane BRU. Carcassonne, GARAE/Hésiode et Toulouse, CASR, coll. "Classiques de la littérature orale". xxxvi-281p. [Index, typologie et bibliographie des deux volumes].

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1994. Coutume et destin. Avec une introduction de Claudine FABRE-VASSAS et Daniel FABRE : "Du rite au roman". Paris, Gallimard, coll. "Bibliothèque des Sciences humaines". 263p.

Notes de bas de page :

1 Les usagers parlent communément de " L'Aarne-Thompson" et une collègue, qui établit la typologie des ouvrages de conte du centre de documentation dont elle est responsable m'a dit : "nous avons Aarnéthompsoné" les recueils de la bibliothèque.
2 Les catalogues établis sur le modèle de Aarne et Thompson portent en général sur une région ou un pays de langue et de culture homogène. Le Catalogue français couvre au contraire un très vaste ensemble en raison de la confusion entre langue française et cultures incluses dans l’Etat français. C’est pourquoi j’emploie « domaine français » pour désigner l’ensemble des régions concernées par ce catalogue.
3 Le Centre est depuis peu rattaché à l’UTM (Toulouse II) et à l’UPS (Toulouse III) où il est installé depuis septembre 1998.
4 Cette forme particulière de récit a été étudiée par Marlène Albert-Llorca (Albert-Llorca 1991) pour la tradition orale européenne, en particulier à travers la collecte catalane de Joan Amade (Amades 1988 et 1994)
5 On trouvera dans Belmont 1986 une mise en perspective de la recherche sur les contes populaires depuis le XVIIIe s.
6 La Morphologie… de Propp fut publié dès 1928 mais portée seulement trente ans plus tard à la connaissance des chercheurs occidentaux par sa traduction anglaise, puis française (Propp 1973). Les Racines historiques ont été publiées en russe en 1936. Lévi-Strauss n'en avait pas connaissance lorsqu'il publia son commentaire pour la première fois en 1960.
7 J’indique entre crochets carrés le dernier numéro utilisable pour chaque série dans le cas où il est seulement réservé, mais non utilisé réellement. Lorsqu’un numéro de type est réellement attribué, il est noté par un T. suivi du numéro. Les titres des contes-types sont entre guillemets et en italique, les sous-sections de la classification sont en caractère gras, mais je n'ai su comment indiquer les sous sous-sections.
8 Sur le flou entre les deux termes M.-L. Tenèze écrit dans son introduction au volume à paraître consacré aux Contes-Nouvelles : «l’allemand emploie « Motiv » aussi pour des motifs narrativement constitués, c’est-à-dire des séquences que j’aurais tendance à qualifier d’épisodes ; j’ai souvent suivi l’usage allemand, le terme « motif » ayant l’avantage de bien souligner le caractère traditionnellement fixé des séquences en question. »
9 Chapitre 4 : "Les sources d’enfance du conte", 133-156.
10 Cf sous ce numéro de type (Tenèze à paraître).
11 Cf sur ce passage du conte au roman (Verdier 1995).
12 Ils n’y ont d’ailleurs droit qu’à un numéro suivi d’un astérisque, ce qui les fait apparaître comme des « doubles » ou des envers. Ex. : T.1355*, T.1356*, T.1470*, T.1546*, T1549*, T.1580*.
13 L’inverse de cette anecdote connue est répertorié par Aarne et Thompson comme T.1362B* : plutôt que d’épouser un homme de quarante ans, la jeune femme en préfère deux de vingt, ce qui revient au même.
14 Les nombreuses "Actions inadéquates à l’église" n'ont droit qu'au T.1831A*, alors que les seules facéties sur le fait de pêter à l'office en mériteraient plusieurs ! La tradition orale occitane met l'accent sur cette transgression dans l'expression "a petat a vèspras", indiquant qu'une fille a fauté et est enceinte (Albigeois, Béarn etc.)

Pour citer cet article :

Bru, Josiane. "Le repérage et la typologie des contes populaires : Pourquoi ? Comment ?". AFAS - Association française des détenteurs de documents sonores et audiovisuels, 25 octobre 2005 [En ligne]
http://afas.imageson.org/document319.html
N'oubliez pas d'indiquer á la suite de cette référence la date de votre consultation de la ressource en ligne.
Centre d’Anthropologie de Toulouse